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Toxicité et parfum

Quelques précisions sur l’impact sur la santé du parfum à l’heure du “scan” de produit.

Publié le
26 février 2020

par
Samuel Fillon

Méfiance constante ! Par cupidité ou par plaisir, les industriels nous empoisonneraient à chaque spray de produits cosmétiques et de parfum. A l’heure où on peut entendre tout et son contraire, nombreux sommes-nous à “scanner” nos produits de salle de bain en quête de vérité ou au moins de quelques explications. Exploration de la “toxicité” en terre odorante.

Comme beaucoup de professions, le métier de parfumeur a connu d’importants changements au cours du XXe siècle. Initialement artisanal et peu soumis à la contrainte législative, les réglementations ont vu le jour dans les années 60-70 avec la création de l’IFRA (In ternational FRragrance Association) et de son équivalent en charge de la recherche, le RIFM (Research Institute for Fragrance Materials).

L’IFRA fournit aux producteurs de parfum des certifications qui autorisent la production de matières odorantes (dans les cosmétiques mais aussi dans les bougies, soins pour le corps, etc.). La composition est passée à l’aune de critères bien précis – quelques milliers de molécules sont autorisées à des seuils variés et il faudra montrer patte blanche pour obtenir le précieux sésame.

Contrairement à d’autres industries moins régulées, on ne met pas n’importe quoi dans un parfum. Aussi, contrairement à la législation Américaine où il faut prouver qu’un produit est dangereux pour le retirer de la vente, la législation Européenne force les industriels à prouver l’innocuité d’une formule avant de la mettre en rayon. Contrainte pour certains, c’est une mesure de sécurité appréciable pour d’autres.

Aux origines de la polémique

Année après année, l’IFRA bannit de plus en plus de matières premières. Potentiellement cancérigènes, mettant en danger les écosystèmes, les raisons sont nombreuses mais ne suffisent pas à taire l’exaspération des parfumeurs qui se sentent bridés dans leur créativité et doivent reformuler tous les parfums contrevenants aux nouvelles réglementations. De l’autre côté, les associations de consommateurs reprochent à l’IFRA de ne pas en faire assez et de ne pas être suffisamment transparente. En effet, le problème est subtil : sur le millier de molécules actuellement autorisées, les études de l’IFRA ou du RIFM ne sont pas publiées publiquement dans les journaux scientifiques et si certaines molécules, ayant un impact suspecté modéré sur le système endocrinien, il est très difficile de conclure quoi que ce soit quant à l’effet cocktail qui peut survenir par association de plusieurs molécules suspectes.

Le secret, la protection des grandes maisons

Comme ce ne sont pas des "Oeuvres de l’esprit" en droit français, les parfums ne sont pas protégés comme une propriété industrielle. La solution utilisée par les marques pour éviter les contrefaçons est donc de garder leur composition secrète. En 1999, la Commission Européenne décrète que 26 composants susceptibles de provoquer des réactions allergiques doivent être signalés aux consommateurs mais le terme de "parfum" ou "fragrance" - regroupant depuis 2016 3,999 molécules - est conservé de façon à protéger les secrets de formulation des parfums.

Faute de plus d’information, la seule possibilité consiste à être vigilant, en fonction de sa sensibilité, à l’encontre des molécules présentes sur les étiquettes. Pour plus d’informations sur les ingrédients de vos parfums, vous pouvez consulter les listes INCI de vos parfum ainsi qu'un décryptage détaillé sur l'application Sommelier du Parfum (iOS et Android).

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