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Parfum de Femme, Parfum d’Homme

Comment est-ce qu’un homme pourrait porter le même parfum qu’une femme ? Les stéréotypes ont la peau dure.

Publié le
26 février 2020

par
Samuel Fillon

A gauche, les hommes, à droite les femmes. Si la distinction a le mérite d’être claire dans les chaînes de parfumerie et dans la tête du grand public, elle est moins justifiée si on se penche sur l’origine de cette ségrégation olfactive.

Sacré chez les Egyptiens, thérapeutique chez les Romains, le parfum est unisexe et principalement fonctionnel jusqu’au XVIIIe siècle même si les Grands des Cours Européennes s’en aspergent volontiers pour couvrir certaines odeurs corporelles peu agréables. Extraits de fleur d’oranger et de tubéreuse sont utilisés par hommes et femmes de façon parfaitement indifférenciée. Le début du XXe siècle voit l’apparition d’une parfumerie plus démocratique, tout en restant luxueuse mais reste majoritairement une préoccupation féminine. Viennent enfin les années 1970 et le marketing à l’américaine qui crée des cibles genrées et des objectifs publicitaires spécifiques. On se rend compte que sentir bon peut aussi intéresser les hommes et résultat, des notes stéréotypées aromatiques et boisées chez les hommes, florales, fruitées et gourmandes chez les femmes.

Quasiment par association d’idées, la femme est florale car fragile et subtile tandis que l’homme fort et ténébreux aura droit à des odeurs boisées. Les premiers parfums pour homme rappellent toutefois l’univers du barbier (lavande, bergamote, etc.) pour rassurer le consommateur de l’époque que sa virilité n’est pas à risque.

La parfumerie de niche qui connaît une popularité croissante depuis les années 90, propose de sortir de ces clichés homme = bois, femme = fleur et propose des jus quasi systématiquement unisexe. Après tout, pourquoi rester dans son pré carré olfactif quand on peut échapper au conformisme !

On retiendra : Parfum pour Homme ou pour Femme, un qualificatif arbitraire issu de l’histoire récente.